
– Vous connaissez Paul Morin ? demanda Chloé à Charles, assis face à elle, dans son fauteuil près de la cheminée.
– Oui, confirma-t-il. Pourquoi ? Des éléments nouveaux ? demanda-t-il, l’œil intéressé.
– Je ne sais pas encore, dit Chloé. Saviez-vous que Morin avait eu une liaison avec Elena, la femme de Bruneau ?
– Paul et Elena ? dit Charles, étonné.
– Vous n’étiez pas au courant ?
Charles secoua la tête.
– Non, ou alors je n’en ai pas souvenir. Vous êtes sûre de vous ?
– Certaine. J’ai vu Ghislaine Lucas ce matin. C’est elle qui m’en a informée, avec photo à l’appui. Le doute n’est pas permis.
– Voilà une nouvelle surprenante, dit Charles, songeur. Je me demande si François était au courant.
– Il semblerait que non, d’après nos quatre habitués de Chez Michel, dit Chloé.
Charles hocha la tête, content que Chloé ait commencé, elle-aussi, à entrevoir le potentiel du lieu, en s’y rendant à son tour.
– Vous pensez que c’est une piste à explorer ? dit-il. Il contempla un moment les buches de bois, alignées à côté de l’âtre. Après tout, poursuivit-il, pourquoi pas ? Sait-on jamais ce que les vieilles histoires ressurgissant du passé sont capables, peut-être, d’engendrer.
La sonnerie du téléphone de Chloé interrompit la conversation. Celle-ci regarda rapidement l’origine de l’appel et coupa le son.
– Ce François Bruneau m’intrigue de plus en plus… reprit-elle, pensive. En fait, c’est toute la famille qui m’intrigue ! J’ai l’impression qu’il s’y cache des choses, au-delà de ce meurtre. Mais ce ne sont que des impressions, poursuivit-elle, hésitante, de simples impressions.
Charles se redressa, pour mieux se caler, essayant de ne pas déranger Malika pelotonnée sur ses genoux.
– Les impressions sont rarement simples, dit-il. Moi-même, j’y ai toujours porté le plus grand intérêt. Je sais qu’à l’école de formation de la police, on affirme que seule la preuve est irréfutable. Mais je vous dis, moi, que l’impression est ce qui permet à la preuve d’éclore comme une évidence. Il ne faut jamais les sous-estimer.
– Vous avez peut-être raison mais pour l’instant, elles sont bien floues, dit Chloé, fronçant les sourcils.
– Laissez donc le flou faire son œuvre, répondit Charles. Il se dévoilera de lui-même au moment opportun.
– Sans doute… murmura Chloé, se perdant quelques secondes dans le vague. Puis, elle releva la tête : Bruneau… demanda-t-elle, s’arrêtant pour couper à nouveau, d’un geste sec, son téléphone qui s’était remis à sonner, vous l’avez côtoyé ?
– Oui, mais peu, dit Charles. A vrai dire, Paul, François et moi sommes de la même génération et nous avons fréquenté le même collège, puis lycée. Mais nous n’étions pas particulièrement proches. Nous nous sommes suivis, par la force des choses, durant nos années d’étude, c’est à peu près tout. Tandis que Bruneau se destinait vers un métier tout tracé, celui de l’entreprise familiale, Paul, lui, envisageait des études artistiques. Il était très doué pour le dessin. Un peu avant la fin de ses études, Auguste, – son père précisa Charles –, a fait un AVC, qui lui a malheureusement été fatal. Paul devait avoir… – Charles calcula de tête – dix-huit ans. Auguste tenait une exploitation agricole. Sa femme l’aidait. Quand il est mort, elle s’est retrouvée dans l’incapacité de tout gérer à elle seule. Paul s’est sacrifié et a repris l’exploitation. Je me souviens que cela n’a pas été facile pour lui. Tous ses rêves s’envolaient.
Un tintement discret confirma l’arrivée d’un message sur le téléphone de Chloé. Après un rapide coup d’œil sur l’expéditeur, elle reposa l’appareil, dans un soupir.
Le silence plana un moment durant lequel Malika en profita pour changer de place et se blottir contre Chloé.
– Morin et Bruneau… ils auraient pu avoir des divergences ? demanda la jeune femme, caressant de sa main la fourrure soyeuse du félin.
– C’est vrai qu’à l’époque, dit Charles, qui décroisa puis recroisa ses jambes, il existait une certaine tension entre eux. Je ne sais pas pourquoi mais Bruneau avait pris un malin plaisir à séduire les petites amies de Paul. Il faut dire qu’ils se ressemblaient physiquement. Est-ce cela qui attirait ces filles… Cheveux bruns, yeux bleus, même taille et corpulence, traits similaires… Côte à côte, on aurait presque pu les prendre pour des frères. Ce qu’ils n’étaient pas bien entendu. Bon, mais l’adolescence est parfois source de paris stupides. Ce que c’était, peut-être. Et puis, ensuite, chacun a suivi son chemin, et les tensions se sont évanouies. En tout cas, je n’ai pas entendu dire que cela ait été plus loin. Tout ça remonte à pas mal d’années vous savez…
– Comment est-il à présent, Paul Morin ?
– Oh ! Je ne saurai vous dire, ça fait un bail qu’on ne s’est pas parlé ! s’exclama Charles. Je crois même que, depuis nos années de lycée, je n’ai jamais eu l’occasion de le rencontrer autrement qu’en le croisant de loin. Je sais qu’il vit encore à Soulaize, sa commune natale, commune dont il a fini par devenir maire, et dont les habitants, soit-dit en passant sont toujours en conflit avec ceux de Bourmalon, leur commune voisine. Enfin ça, c’est une autre histoire… ajouta-t-il avec un demi-sourire.
– De quoi s’agit-il ? dit Chloé, les yeux curieux. Racontez-moi !
– Mon dieu ! dit Charles. Nous risquons d’entrer là dans un sujet qui risque fort de vous surprendre.
– Ah ! Encore cette histoire, dit Anou qui venait de faire son apparition et qui avait entendu la fin de la conversation.
Elle passa une main affectueuse dans les cheveux courts de la jeune femme.
– Reste donc manger avec nous, Chloé, dit-elle.
– Mais je ne veux pas m’imposer ! répondit celle-ci en faisant déjà le geste de se lever.
– Si, restez ! dit Charles. Anou vous invite aussi pour cela. Nous pourrons poursuivre notre discussion. Vous allez voir, c’est stupéfiant. Et édifiant aussi, de voir la nature humaine à l’œuvre…
– Ça, c’est sûr ! dit Anou, avec une grimace. Allez ! Mettez le couvert, vous deux ! Je vais faire réchauffer le mijoté d’hier. Il en reste suffisamment pour trois.
Tout en mangeant, la conversation alla bon train. Charles, sauçant délicatement son assiette sous l’œil attendri d’Anou, parla des hostilités auxquelles se livraient les habitants des deux communes depuis la nuit des temps, enfin, nuit des temps… en tout cas, ça remontait à loin. Et on ne savait donc plus du tout le réel motif de cette rivalité.
– Alors forcément, poursuivait Charles, avec cette histoire de centre par-dessus, ça n’arrangeait pas vraiment les choses.
– De centre ? questionna Chloé. Quel centre ?
– Celui de la France, pardi ! L’officiel ! précisa-t-il.
– Ça existe, ça, un centre de la France ? dit Chloé, étonnée. Je veux dire : attesté ? Et d’ailleurs, qui décide de cela ?
– C’est l’Institut national de l’information géographique et forestière, l’IGN, si vous préférez, l’informa Charles. Et pour répondre à votre étonnement, non seulement, ça existe, mais le plus drôle, c’est que les mesures ont régulièrement changé au cours des années et que finalement, on ne sait plus trop où ce centre se situe précisément, même si ça reste dans un certain secteur, tout de même. Dont celui de Bourmalon et de Soulaize, nos deux communes rivales. En tout cas, depuis bien longtemps, c’est Soulaize qui en a l’attribution.
– D’accord, dit Chloé, mais quel intérêt ?
– Un intérêt économique, répondit Charles, haussant les épaules. Le fait d’être désignée en tant que point central de notre beau pays attire les curieux, donc les touristes, c’est une source de revenus non négligeable.
– Mais ces touristes, ils visitent quoi ? demanda Chloé, stupéfaite.
– La commune, son patrimoine, ses environs, sa stèle… dit Charles. Oui, poursuivit-il devant l’air interrogateur de Chloé, il existe sur la place centrale de Soulaize une stèle, fort belle au demeurant, là n’est pas la question, que Morin a fait construire. Il y a surement investi une belle somme. Aux frais des contribuables, évidemment.
– J’irai faire un tour là-bas, dit Chloé, pensive. Ça m’intrigue.
– Je m’en doute, dit Charles avec un sourire complice. Cette histoire, poursuivit-il, est un peu notre folklore, ici. Folklore un peu particulier si l’on s’en tient au fait que chaque année, il génère régulièrement des incidents, pas trop graves pour la plupart certes mais enfin… cela suscite avis et commérages à n’en plus finir.
– Cette rivalité, comment se manifeste-t-elle ? demanda Chloé.
Charles poussa un long soupir, mi-fatigué, mi-résigné.
– A quoi peuvent bien s’amuser deux clans opposés… dit-il. Et bien, par exemple, à taguer les murs chez les uns, arracher les fleurs des jardins chez les autres, crever des pneus, renverser des poubelles de détritus malodorants devant des portes, recouvrir la stèle de Soulaize de peinture, et même parfois déposer des boulettes empoisonnées à destination des animaux …
– Mais c’est horrible ! s’indigna Chloé, effarée.
– Eh oui, confirma Charles. Quand la bêtise est en marche… on ne l’arrête plus.
– Est-ce… est-ce que ça a été plus loin ?
– Vous voulez dire : y-a-t-il eu mort d’homme ? demanda Charles. Non, pas à ma connaissance. Mais le commissariat est régulièrement saturé de ce type de dépôts de plainte, j’avoue qu’elles sont rapidement clôturées. D’abord parce que les coupables savent se faire très discrets, et puis… Charles souleva ses deux mains en signe d’impuissance, comme je vous l’ai dit, c’est devenu ici une sorte… d’habitude. Et les habitudes normalisent…
Le repas s’était terminé sur ces curieuses anecdotes. Chloé avait ensuite pris congé, déclinant le thé proposé par Anou, préférant rentrer directement.
Installée dans son lit, elle alluma son téléphone portable. L’insistance de Stéphane Bruneau qui avait cherché à la contacter toute la soirée l’avait fortement irritée. Elle constata qu’il y avait quatre appels en absence, plus un SMS vocal, qu’énervée, elle faillit supprimer. Puis elle se reprit. Elle ne pouvait décidément pas agir ainsi. Ce n’était pas professionnel. Il pouvait tout aussi bien s’agir d’un message ayant trait à l’enquête, elle ne pouvait l’exclure. Elle écouta donc.
« Lieutenant, disait la voix chaude de Bruneau, il faut que nous parlions. Puis, hésitant : Je… je ne sais pas… enfin, je voudrais… Bon ! poursuivait-il d’un ton cette fois plus ferme, le mieux, c’est que nous discutions de vive voix. Pouvez-vous me rappeler ? ».
Chloé coupa le message. Les battements de son cœur s’étaient accélérés quand elle avait entendu sa voix, distillant en elle des vibrations qui l’affolaient. Elle tenta de reprendre le contrôle de ses émotions. De toute façon, au vu du message, Bruneau ne souhaitait pas l’entretenir de l’enquête, elle ne voyait donc aucun intérêt à le rappeler. Elle supprima le SMS, puis s’allongea, bien décidée à dormir et à oublier la possibilité d’une aventure sentimentale, une fois pour toutes.
Bien entendu, elle ne dormit pas de la nuit. Tournant, retournant dans son lit, ses pensées allaient, désordonnées, de Bruneau fils à Bruneau père, en passant par Morin et l’histoire des deux communes rivales, par Charles, Anou, puis par son passé, son père, sa mère, Sophia, sa rencontre avec sa mère biologique, revenant ensuite vers les yeux noirs de Bruneau qui la fixaient, à son attirance pour lui, à la blonde du Bloody Mary, à sa frustration… Tout se mélangeait, tout s’entremêlait, au bord d’un sommeil qui se refusait au dernier moment pour la plonger à nouveau dans ce ballet épuisant. Quand elle finit enfin par s’endormir, l’aurore décida de se lever.
*
Le réveil s’en donna à cœur joie à huit heures. Chloé ouvrit péniblement les yeux. Ses deux heures de sommeil avaient tiré ses traits. Elle se trouva une tête affreuse dans le miroir de la salle de bain. Après un café et avoir longuement laissé couler sur sa peau une eau tiède puis glaçante pour l’aider à reprendre pied, elle s’habilla et décida d’aller sans plus tarder à Soulaize. Cette histoire de rivalité méritait qu’elle y porte son attention. Elle ignorait si cela en valait la peine mais Paul Morin avait été l’amant d’Elena. Il vivait dans un endroit où, visiblement, tout n’était pas de tout repos. Cela faisait beaucoup.
Soulaize se trouvait à une quinzaine de kilomètres de Saint-Farrot, tout comme Bourmalon, cette dernière étant séparée de sa voisine par à peine trois kilomètres. C’était une petite ville, concentrée, claire et propre, avec en son milieu, Chloé la vit rapidement, la fameuse stèle qui devait faire à vue d’œil dans les deux mètres de hauteur. Après s’être garée, elle fit le tour de la place entourées de maisons fleuries, et de commerces accueillants. Elle nota le grand café avec terrasse, tables et chaises confortables, dont le nom « Le café du Centre » s’étalait en grosses lettres sur un auvent protégeant les clients du soleil quand il se faisait mordant. Quelques personnes étaient déjà attablées, clients habituels et visiteurs dont les sacs à dos à leurs pieds laissaient supposer qu’ils s’apprêtaient à partir en randonnée. Non loin du café, un hôtel tout aussi charmant « L’Hôtel du Centre » semblait vous confirmer que vous alliez passer ici un séjour de qualité. Chloé vit un groupe de voyageurs en sortir, prêt visiblement aussi à la découverte du coin. Tournant le regard vers sa gauche, elle aperçut une devanture indiquant « Office du Tourisme du Centre ». Décidément, se dit-elle, si on arrivait là par hasard, on apprenait vite où on était. Curieuse, elle se dirigea vers l’office du tourisme, entra, se retrouva dans un espace, petit mais agréable, dans lequel, derrière un comptoir, un visage aimable vous accueillait. Elle hocha la tête en réponse au sourire de bienvenue, se pencha sur divers prospectus, en feuilleta quelques-uns. Visites guidées, petit train touristique l’été, piscine découverte, cinéma, parc de loisirs, lac aménagé, promenades à poney et à cheval, vélos… le choix était impressionnant.
– Souhaitez-vous des renseignements ? demanda l’employée à l’accueil, qui devait avoir dans la quarantaine. Son visage sympathique engageait immédiatement à la discussion.
– Euh… oui, dit Chloé. Je suis là un peu par hasard… Je me demandais quelles activités je pourrais trouver, par ici.
La femme se releva, scanna la silhouette de Chloé, puis se saisit d’un prospectus qu’elle ouvrit.
– Vous avez là, dit-elle, plusieurs circuits de randonnées qui, je pense, pourraient vous convenir. Vous avez l’air sportive, ajouta-t-elle, avec un regard admiratif. Voyez… là… indiqua-t-elle en montrant du doigt des circuits qui allaient jusqu’à quarante kilomètres. Ces circuits, dit-elle, ont été créés afin de vous permettre de découvrir différents points intéressants. Cela va du point d’eau avec cascades au point de vue d’altitude surplombant notre belle région. La femme demanda : Vous logez à l’hôtel ?
– Non, dit Chloé. En réalité, j’ai pris une chambre à Bourmalon. Ce n’est pas très loin. Je visite le coin…
Dès le mot « Bourmalon » prononcé, le visage de l’employée s’était ostensiblement fermé. Il reprit cependant rapidement un sourire de façade poli.
– Bourmalon ? s’exclama-t-elle, avec une petite grimace. Mais pourquoi n’êtes-vous pas venue ici ? Vous ne l’auriez pas regretté !
– Eh bien, répondit Chloé, je n’y suis pour l’instant que pour deux nuits. J’aime découvrir le sur le vif avant de m’engager sur un séjour entier. Il n’est pas impossible que je vienne ensuite loger dans votre belle ville.
Le visage de la femme s’épanouit.
– Vous avez bien raison ! dit-elle. C’est le meilleur endroit pour passer de belles vacances.
Chloé sortit, des prospectus à la main, tout en songeant que l’accueil était parfaitement rodé mais qu’il était de surface. Elle avait parfaitement senti le moment de tension qui s’était installé à l’évocation de la commune bannie.
La jeune femme se dirigea vers la stèle. Toute de marbre, la pierre étincelait sous les rayons matinaux. Une inscription y était gravée en son centre, de lettres d’or, ou de cuivre :
« Amis qui êtes venus jusqu’ici
Pour découvrir notre beau pays
Ce voyage vous portera chance
Vous êtes au beau milieu de la France »
Plus bas, une annotation indiquait que Soulaizes était, depuis toujours, le seul véritable lieu consacré du titre de « centre de la France ». Tout en haut de la stèle, était fixé un drapeau bleu-blanc-rouge, dont la bannière flottait à peine dans la brise légère de cette matinée ensoleillée.
« Ça, c’est de la mégalomanie, ou alors je ne sais pas ce que c’est » se dit Chloé, qui commençait à prendre la mesure des propos de la veille, chez Charles et Anou. Elle en était sidérée. Une petite visite à Paul Morin s’imposait. Elle se dirigea vers le bâtiment face à la stèle, lui aussi orné du drapeau tricolore.
A l’accueil, on l’informa que le maire était absent et qu’il ne reviendrait pas avant le début de l’après-midi. Chloé laissa une carte, demandant que celui-ci la rappelle au plus vite.
Au moment de regagner son véhicule, son téléphone sonna. Chloé décrocha.
– Christine ? dit-elle, surprise.
– Je te dérange ? répondit son interlocutrice. Je… je venais aux nouvelles. Je n’en ai pas encore eu depuis que tu es partie.
Chloé s’installa sur le siège conducteur, poussa un léger soupir.
– C’est vrai, excuse-moi, dit-elle, avec cette enquête…
– Non, ne t’excuse pas ! répondit Christine. C’est juste que… tu as eu le temps de… ?
Chloé laissa aller sa tête contre le reposoir du siège. Elle ferma les yeux un instant.
– Pas encore, dit-elle. Pas trouvé le moment…
– Oui, oui… j’imagine… ce n’est pas évident. Bon, mais… tu me tiens au courant ? Et comment va Sophia ?
– Bien, répondit Chloé. Elle s’amuse comme une folle.
– Bon. Et ta mère ?
– Bien aussi, je suppose… Bon… il faut que j’y aille, là.
– Oui, oui… répéta Christine, le travail, je comprends…
… suite
