Testament

Moi je ne voudrais pas que, morte, l’on m’enterre
dans une boîte sombre où l’on n’y voit plus rien
où l’on se pencherait pour me loger sous terre
sous les peines, les pleurs et les cœurs en chagrin

Menez-moi en forêt au bucher de fortune
loin des marchands de morts, des prêcheurs d’au-delà
sur un lit de bois dur près de la source brune
qui s’allonge sereine et clapote tout bas

Vous vous réunirez l’âme calme à l’écoute
de la brise et de l’arbre et de chacun des bruits
enfantés des sous-bois. Sur la petite route
qui vous ramènera, tout le long des taillis

vous verrez la mousse et la fleur épanouie
le feuillage dansant sous des milliers d’éclats
les rayons du soleil où s’anime la vie
et vous saurez alors que je suis toujours là

Loin des vendeurs de mort, sans aucune épitaphe,
je ne veux entendre que le chant bienheureux
des mésanges, des geais, à titre d’épigraphe,
qui montera léger épouser le ciel bleu

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