Je vous invite

Je vous invite à prendre un café, ou un thé, ou ce que vous voulez.

Arrêtons-nous, cinq minutes, n’avons-nous pas le temps ? Qu’avons-nous de si urgent ?

Nous pourrions nous asseoir, en pensées, par exemple à la terrasse ensoleillée d’un petit bistrot. Le ciel est bleu. Les rayons du soleil se posent sur notre peau. Nous n’avons qu’à nous laisser aller.

Nous ne sommes pas obligés de suivre le mouvement des gens qui passent, des gens pressés, des gens qui courent sans jamais s’arrêter. Nous, nous avons tout le temps. Puisque, à cet instant, précisément, pour nous, par nous, le temps vient de s’arrêter.

L’endroit que je vous propose se situe tout près, beaucoup plus près que vous ne le pensez. En réalité, il est en nous. Nous pouvons l’atteindre où que nous nous trouvions : dans notre maison, à notre travail, sur le quai d’une gare bondée, dans une salle d’attente, sur le siège de notre voiture bloquée dans un embouteillage, dans la rue qui grouille de personnes affairées…

En ce moment, à cette minute même en lisant ces mots, nous sommes dans ce petit bistrot. Nous pouvons voir les chaises, en osier, ou en bois peint de magnifiques couleurs, qui n’attendent que nous.

Nous pouvons sourire, nous pouvons parler, ou non, la parole n’est pas indispensable. Nous pouvons même simplement sentir notre présence, la vraie, celle que nous cachons parfois, trop souvent, sous des habits inconfortables, trop grands, trop petits, trop serrés, ces habits que nous nous sommes fabriqués avec les fibres solides d’un passé dont nous avons tant de mal à nous débarrasser.

La particularité de cet endroit, où nous sommes maintenant, est que nous n’avons plus nos habits mal ajustés que nous avons l’habitude de porter, ici ils n’existent pas. C’est une rencontre du cœur, dans laquelle rien, autre que le présent, n’a de place. Seul est le calme que nous ressentons, à cet instant, dans tout ce qui nous entoure, virtuel ou non quelle importance car tout est en nous : le bistrot, les chaises en osier ou en bois, l’arôme chaleureux du café, l’effluve fruitée ou épicée du thé, le ciel bleu, les rayons du soleil, les autres, et même nous.

Lorsque nous reprendrons le cours de nos activités, surtout n’oublions pas que cet endroit existe.

Nous pourrions prendre l’habitude d’y aller. Ce serait nos petits rendez-vous, quand nous le déciderons, quand nous ne serons pas trop emportés par nos occupations, quand nous nous sentirons le besoin d’y aller, lorsque nous nous le pourrons, il arrive que le chemin soit encombré, on s’agace, on voudrait qu’il soit en permanence dégagé mais parfois il se noie sous des pluies torrentielles, sous des ouragans qui tordent tout sur leurs passages, il devient alors absolument impraticable.

Mais nous savons maintenant qu’une fois la tempête calmée et le ciel apaisé, nous pourrons retrouver le chemin de cet espace où nous nous sentons bien. Il nous suffira juste de nous arrêter, cinq minutes, ou même moins, il n’est plus là question de temps, mais de présence à soi.

Laisser un commentaire