Il y avait

Le Soleil était haut quand je suis sortie. Il brillait de tous ses feux, réchauffant les pas du promeneur. Nous marchions, déambulant au gré de nos envies, sous la brise tiède, dans une lente torpeur.
Le silence résonnait au loin de petits échos, quelques cris d’enfants, légers, insouciants, joyeux. Quelques bruits de moteurs, le ronflement d’une moto glissant sur les routes, rubans noirs, lisses et soyeux.

Et puis, il y avait parfois dans ce même silence, le tintement grave, profond, venant d’un clocher, égrenant très lentement les heures comme une confidence, recouvrant l’instant de fragilité.

Il y avait ce papillon fou, voletant à gauche, à droite, repartant, revenant, des oiseaux aux robes mordorées se poursuivant sur fond de ciel bleu où le regard se perdait. Il y avait cette sensation de bonheur sans raison, de vertige heureux qui nous prenait quand les yeux se levaient sur l’immensité.

Il y avait aussi derrière, tapi dans un coin sombre, un grondement sourd que l’on percevait, comme un orage qui se rapprochait.

Et nous nous regardions, incertains, nos pas ralentissant. Au-dessus, le ciel était toujours bleu. Et la terre frémissait.

Ce texte m’a été inspiré par la chanson de Claude Nougaro « il y avait une ville ».

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